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Mathilde Janicot, cofondatrice de Revolty

« Batterie française » : d'où viennent les cellules ?

Seconde vieSouveraineté
Vue aérienne de bassins d'évaporation de saumure lithinifère, aux couleurs turquoise et jaune, dans un désert d'altitude.
Bassins d'évaporation de saumure lithinifère, première étape de l'extraction du lithium.

Ouvrez une batterie solaire vendue comme française. Vous y trouverez surtout des composants venus de Chine et, dans le meilleur des cas, un système complet assemblé dans un atelier français. Le logiciel, le service client, la garantie, l'installateur qui vient la poser : français, ça oui.

Puis vous arrivez à la cellule.

Une cellule, c'est l'unité de base d'une batterie. Un petit bloc scellé qui stocke l'électricité par réaction chimique, et qu'on associe par dizaines ou par centaines pour obtenir les kilowattheures d'une batterie domestique. C'est elle qui pèse l'essentiel du poids, et l'essentiel du prix. Les cellules qui équipent aujourd'hui le stockage résidentiel sont presque toutes des LFP, un sigle sur lequel nous reviendrons plus bas parce que c'est là que tout se joue.

Et sur ce composant précis, l'histoire change de continent. Plus de 98 % de la capacité mondiale de production de cellules LFP se trouve en Chine (Karlsruhe Institute of Technology, mars 2025).

Ce n'est ni un scandale ni un mensonge. C'est un fait industriel, il a de bonnes raisons, et presque personne ne l'explique à ceux qui achètent.

Ce que « fabriqué en France » recouvre, et ce qu'il ne dit pas

Une batterie domestique, c'est cinq choses empilées : des cellules, un système qui surveille chacune d'entre elles, un onduleur, une coque en métal et en plastique, et un logiciel de pilotage.

Ce système de surveillance porte un nom que vous verrez sur toutes les fiches produit : le BMS, pour Battery Management System. C'est l'électronique qui mesure en permanence la tension et la température de chaque cellule, équilibre la charge entre elles et coupe tout si quelque chose sort des clous. Sur une batterie de seconde vie comme la nôtre, c'est une pièce encore plus déterminante que sur une batterie neuve, et j'y reviens.

La mention « fabriqué en France » peut légitimement désigner n'importe laquelle de ces cinq couches, ou plusieurs d'entre elles. Elle ne précise jamais laquelle. Deux batteries également « françaises » peuvent donc n'avoir presque rien en commun, sans qu'aucune marque ait eu à mentir.

C'est pour ça que la question utile n'est pas « est-elle française ? ». C'est : jusqu'où ?

Pourquoi il n'y a presque pas de cellules européennes

Le stockage résidentiel s'est massivement converti au LFP, le lithium fer phosphate. Pour comprendre ce que ça implique, il faut regarder ce qu'il y a dans une cellule.

Toutes les batteries lithium-ion fonctionnent sur le même principe : des ions lithium font l'aller-retour entre deux électrodes, et c'est ce mouvement qui produit le courant. Celle qui les reçoit à la décharge s'appelle la cathode, et c'est le matériau dont elle est faite qui donne à la cellule ses propriétés. Deux familles se partagent le marché. La NMC, pour nickel manganèse cobalt, stocke plus d'énergie à poids égal, ce qui intéresse beaucoup l'automobile, mais elle supporte moins bien la chaleur et dépend du cobalt. La LFP stocke un peu moins par litre, tient nettement plus de cycles de charge, se passe de cobalt et se montre plus stable en température.

Pour une batterie qui reste posée dans un garage pendant quinze ans et qui ne cherche pas à être légère, le choix est vite fait. Cette chimie représente aujourd'hui plus de 85 % des installations résidentielles en France.

Sauf que sa production s'est concentrée là où elle a été industrialisée. La Chine a construit vingt ans d'avance sur les cathodes fer-phosphate pendant que l'Europe misait sur le nickel-manganèse-cobalt pour l'automobile. Résultat : quasiment toute la capacité mondiale de cellules LFP est chinoise, et la totalité des cathodes LFP y est produite.

L'Europe rattrape, mais elle commence à peine. La première gigafactory européenne dédiée au LFP, portée par CATL et Stellantis à Saragosse, ne doit démarrer sa production qu'à la fin 2026. En Serbie, ElevenEs monte en puissance sur des volumes encore modestes. Ces cellules-là iront d'abord à l'automobile et au stockage de réseau.

Traduction pour une marque française de batteries domestiques, en 2026 : la cellule française n'est pas difficile à trouver, elle n'existe pas. Personne n'en achète, parce qu'il n'y en a pas à acheter.

L'échelle de francité, en quatre niveaux

Puisque l'étiquette ne dit pas jusqu'où va le « français », voici une échelle pour le demander.

Niveau Ce qui est français Ce qui ne l'est pas
1. Marque française Le siège, la marque, le service client, la garantie La conception, l'assemblage, la cellule
2. Conception française Le design du produit, l'électronique, le logiciel de pilotage L'assemblage, la cellule
3. Assemblage français Le montage des modules, les tests, le contrôle qualité, l'atelier et ses emplois La cellule
4. Cellule européenne Tout, jusqu'à l'électrochimie Rien

Ces niveaux sont tous réels, mais ils ne se valent pas, et c'est utile de le dire clairement.

Les deux premiers ont une vraie valeur d'usage. Une marque française, c'est un service client qui répond en français et une garantie qu'on peut faire jouer sans écrire à l'autre bout du monde. Une conception française, c'est un produit pensé pour notre réseau électrique et pour nos maisons, avec un logiciel maîtrisé par ceux qui le vendent. C'est loin d'être rien. Mais ça ne fabrique rien.

Le troisième change de nature, et c'est là que le mot « français » commence à peser lourd. Assembler en France, c'est produire en France. Un atelier, des machines, des personnes qui montent des modules et testent des cellules une par une. Ce sont des emplois industriels, exactement ceux qui ont disparu par dizaines de milliers ces trente dernières années, et c'est ce qu'on appelle la réindustrialisation quand on en parle au journal télévisé. C'est aussi une chaîne beaucoup moins dépendante : un module qui a un défaut se répare ici, une pièce qui manque dans dix ans se refabrique ici, et le transport ne porte plus que sur ce qui n'est pas déjà sur le territoire. Une marque qui assemble en France peut tenir sa garantie toute seule. Une marque qui importe des produits finis dépend d'une usine sur laquelle elle n'a aucune prise.

Le quatrième, lui, est aujourd'hui hors de portée sur le marché résidentiel. Ce n'est pas un manque de volonté des marques, c'est un manque d'usines.

Et la souveraineté lithium, dans tout ça ?

Le mot revient dans tous les discours, y compris politiques. Il mérite qu'on le décompose, parce qu'une cellule n'est que le dernier maillon d'une chaîne qui en compte quatre.

Extraire le lithium, d'abord. Le raffiner ensuite, pour le transformer en sel de qualité batterie. Fabriquer la cathode, le matériau actif dont nous parlions plus haut. Assembler la cellule enfin.

L'Europe a des gisements. Le Portugal en exploite, et un projet de mine est en développement dans l'Allier. Elle a de plus en plus d'usines d'assemblage de cellules. Ce qui lui manque, c'est le milieu de la chaîne : le raffinage et la cathode, où la concentration chinoise est la plus forte, et où se trouve la totalité de la production de cathodes fer-phosphate.

Autrement dit, une cellule assemblée en Europe à partir d'une cathode chinoise déplace un maillon, pas la dépendance. La souveraineté ne se gagne pas au bout de la chaîne, elle se gagne au milieu. C'est le chantier le plus long, et il ne sera pas réglé par une marque de batteries domestiques.

Où se situent les acteurs français

Voici comment se placent les marques françaises du stockage résidentiel, d'après ce que chacune communique publiquement.

Beem Energy propose une gamme modulaire de 6,6 à 13,4 kWh, en LFP, avec onduleur et backup intégrés et une garantie de 15 ans. Sunology commercialise la gamme STOREY, modulaire de 2,2 à 8,8 kWh, pensée pour une pose sans électricien. Les deux sont des marques françaises qui co-conçoivent leurs produits en France avec leurs partenaires fabricants.

Storelio, du fabricant easyLi, annonce une batterie conçue et assemblée en France, modulaire de 2,5 à 10 kWh. C'est le niveau 3, et c'est vérifiable.

Bourgeois Global est un industriel français historique, et sa gamme de batteries Aura est certifiée pour le réseau français. Sur l'assemblage en revanche, rien dans sa communication publique ne fait état d'un montage en France : ces batteries sont importées. Marque française, produit qui ne l'est pas. La distinction n'a rien d'infamant, elle illustre simplement pourquoi il faut poser la question du niveau.

Et nous, chez Revolty : conception et assemblage en France, dans notre atelier et chez notre partenaire industriel, avec des cellules diagnostiquées et reconditionnées ici. Niveau 3, comme Storelio.

Maintenant la phrase qui remet tout le monde à égalité, nous compris. Aucune de ces marques n'achète une cellule française, parce qu'il n'y en a pas. Sur ce point précis, le match n'a pas lieu.

La cellule qu'on n'extrait pas

Si l'on ne peut pas produire une cellule en Europe, il reste exactement une façon d'en obtenir une qui n'ait pas été extraite pour vous : en réemployer une qui est déjà là.

C'est le pari de Revolty. Nos cellules viennent de batteries de véhicules électriques et de stockage industriel arrivées en fin de service, alors que l'électrochimie, elle, est encore en excellent état. Elles sont testées une par une, leur état de santé est mesuré, et celles qui passent le diagnostic repartent pour une deuxième vie dans nos modules, assemblés en France.

Soyons précis, parce que c'est exactement là que se joue la crédibilité de tout l'argument : ces cellules ont été fabriquées en Asie elles aussi. Nous ne les avons pas rendues françaises, et nous ne le prétendrons pas.

Ce que change le réemploi, ce n'est pas la nationalité de la cellule. C'est le fait qu'aucune mine n'ait eu à rouvrir pour la vôtre. La cellule existait, elle était en Europe, elle allait être broyée ou stockée. Elle finit chez vous.

Et puis il y a l'argument dont on parle rarement

Une cellule déjà présente sur le territoire, c'est une ressource locale. Avec tout ce que ça implique quand on regarde la chaîne d'approvisionnement plutôt que le bilan carbone.

Elle ne dépend d'aucun accord commercial, d'aucun droit de douane décidé à l'autre bout du monde, d'aucun contrôle à l'export sur une technologie de raffinage ou de cathode. Ces décisions-là tombent régulièrement, dans les deux sens, et chacune se répercute sur les délais de livraison et sur les prix des batteries importées. Un industriel qui achète ses cellules à 9 000 km subit ces mouvements sans pouvoir les anticiper. Il en va de même des tensions maritimes, de la disponibilité des conteneurs et du prix du fret, qui ont fait des allers-retours spectaculaires ces dernières années.

Notre gisement, lui, est ici. Il grandit chaque année avec le parc de véhicules électriques européens, il ne traverse aucune frontière sensible, et son prix ne dépend pas d'une décision politique prise à Pékin ou à Bruxelles. Pour une entreprise qui doit tenir une garantie de dix ans et livrer des installateurs partout en France, cette stabilité-là vaut autant que les kilos de CO₂ évités.

C'est aussi une manière beaucoup plus concrète de parler de souveraineté que les discours habituels. Pas « produire du lithium en France un jour », mais « utiliser celui qui est déjà sur le territoire, maintenant ».

Et cela n'a rien à voir avec du recyclage. Recycler, c'est détruire l'objet pour en récupérer la matière, avec des pertes et beaucoup d'énergie. Réemployer, c'est garder l'objet tel quel, avec ce qu'il a coûté à produire, et s'en resservir. La première option arrive après. La seconde arrive avant.

Les limites de notre propre argument

Puisque nous demandons aux autres d'être précis, autant l'être sur nous.

Le réemploi dépend d'un gisement : les batteries qui arrivent en fin de service. Ce gisement grandit avec le parc de véhicules électriques, mais il reste petit devant la demande mondiale de stockage. Le réemploi ne remplacera pas la production de cellules neuves, et nous ne prétendons pas le contraire. Il en évite une partie, chez ceux qui font ce choix.

Il impose aussi une discipline que le neuf n'exige pas. Chaque cellule arrive avec une histoire différente, donc un état de santé différent. Sans diagnostic sérieux à l'entrée et sans un BMS capable de gérer cette diversité, une batterie de seconde vie est un assemblage de cellules dépareillées, et elle vieillit mal. C'est le vrai sujet du métier, et c'est là que doivent porter vos questions : quel test, quel seuil de sélection, quelle garantie derrière.

La nôtre est de 10 ans ou 6 000 cycles, à 60 % de la capacité d'origine, et elle est transférable au propriétaire suivant si vous vendez la maison.

Ce que ça évite, en kilos

Un argument circulaire sans chiffres n'est qu'une posture. Voici les nôtres, et ils ne sont pas de nous.

D'après l'étude de Carbone 4 sur l'empreinte carbone des batteries lithium-ion (2023), pour une batterie de 10 kWh, ne pas fabriquer de cellules neuves permet d'éviter :

  • 1 000 kg de CO₂, l'équivalent de 5 000 km en voiture thermique
  • 20 000 litres d'eau, environ 130 douches
  • 8 000 kg de minerais déplacés, une carrière entière pour une seule batterie

C'est ce dernier chiffre qui frappe le plus quand on le regarde en face. Huit tonnes de roche remuées pour une batterie qui tient dans un garage.

Ce que j'en pense

Il y a une vraie fierté à faire tourner un atelier en France, et à faire tourner avec lui une usine partenaire. Je ne vais pas la relativiser, c'est exactement ce que nous faisons, et c'est le niveau 3 de l'échelle. Mais il faut regarder ce que l'étiquette recouvre.

Assembler en France des cellules extraites, raffinées et cuites à l'autre bout du monde, ce n'est pas de la souveraineté. C'est de la souveraineté d'étiquette. Elle est utile, elle crée des emplois, elle raccourcit une partie de la chaîne. Elle ne change rien à la mine.

La seule cellule vraiment souveraine aujourd'hui, c'est celle que personne n'a eu besoin d'extraire. Elle est déjà sur le territoire, elle a déjà servi, et elle a encore les trois quarts de sa vie devant elle. La batterie la plus écologique reste celle qui existe déjà.

Alors posez la question du niveau. À nous comme aux autres. Une marque qui ne sait pas vous dire d'où viennent ses cellules ne le sait pas non plus elle-même.

Pour voir ce que ça donne côté chiffres et côté atelier : notre page impact et qui nous sommes.

Questions fréquentes

Existe-t-il une batterie solaire vraiment fabriquée en France ?

Plusieurs marques conçoivent et assemblent leurs batteries en France, ce qui est réel et vérifiable : c'est le cas de Storelio et de Revolty. En revanche, aucune n'utilise de cellules produites en France. Plus de 98 % de la capacité mondiale de cellules LFP est chinoise, et la première gigafactory européenne dédiée à cette chimie ne démarre qu'à la fin 2026, à Saragosse.

Qu'est-ce qu'une batterie « française » exactement ?

L'expression n'est pas encadrée et peut désigner quatre réalités différentes : une marque française, une conception française, un assemblage français, ou des cellules européennes. Les trois premiers niveaux existent sur le marché résidentiel, le quatrième pas encore. Le troisième est celui qui correspond à une vraie production en France, avec un atelier et des emplois industriels. Demandez toujours à quel niveau se situe la batterie qu'on vous propose.

Qu'est-ce qu'une cellule de batterie, et que veut dire LFP ?

Une cellule est l'unité de base d'une batterie : un bloc scellé qui stocke l'électricité par réaction chimique. On en associe plusieurs dizaines pour obtenir une batterie domestique. LFP, ou LiFePO4, désigne sa chimie, le lithium fer phosphate. C'est une des deux grandes familles de batteries lithium-ion avec la NMC ; elle stocke un peu moins d'énergie par litre, mais elle tient plus de cycles, se passe de cobalt et supporte mieux la chaleur. C'est pour ça qu'elle équipe la grande majorité des batteries domestiques.

Les cellules des batteries françaises sont-elles fabriquées en France ?

Non, y compris les nôtres. Les cellules LFP viennent presque toutes de Chine, qui produit aussi la totalité des cathodes fer-phosphate. Ce qui est français chez les acteurs sérieux, c'est la conception, l'assemblage, le logiciel, les tests et le service après-vente.

Quelle alternative française à une batterie Huawei ou Enphase ?

Plusieurs marques françaises couvrent ce besoin, chacune sur un usage différent : Beem Energy, Sunology, Storelio, Bourgeois Global et Revolty. À noter, Huawei et Enphase sont aussi des marques d'onduleurs très installées en France, et une batterie en couplage AC se raccorde au tableau électrique sans toucher à l'existant. Changer de batterie, ou en ajouter une, n'oblige donc pas à changer d'onduleur.

Qu'est-ce qu'une batterie de seconde vie ?

C'est une batterie construite à partir de cellules issues de véhicules électriques ou de stockage industriel arrivés en fin de service, dont l'électrochimie est encore saine. Les cellules sont testées une par une, leur état de santé mesuré, puis intégrées dans de nouveaux modules. Rien n'est broyé ni refondu : c'est du réemploi, pas du recyclage.

Une batterie de seconde vie est-elle moins performante ?

Pas si les cellules sont sélectionnées sur leur état de santé réel plutôt que sur leur âge. Une cellule de véhicule électrique remplacée à 80 % de sa capacité d'origine reste très au-dessus des besoins d'un usage domestique, où les courants appelés sont bien plus faibles. Ce qui compte est le diagnostic à l'entrée, la qualité du BMS et la garantie à la sortie, pas l'étiquette « neuf ».

Réemploi ou recyclage : quelle différence pour l'empreinte carbone ?

Le recyclage détruit l'objet pour récupérer la matière, avec des pertes et une forte dépense d'énergie. Le réemploi conserve l'objet et l'énergie déjà investie pour le produire. Selon Carbone 4, éviter la fabrication de cellules neuves pour une batterie de 10 kWh représente 1 000 kg de CO₂, 20 000 litres d'eau et 8 000 kg de minerais.


Sources : Karlsruhe Institute of Technology, part de la Chine dans la capacité mondiale de production LFP (mars 2025) · Carbone 4, « carbon footprint for Li-ion battery » (2023) · CEPII, cartographie de la chaîne de valeur des batteries lithium-ion · communications publiques de Beem Energy, Sunology, Storelio (easyLi) et Bourgeois Global · annonces CATL-Stellantis sur l'usine de Saragosse et ElevenEs sur le site de Subotica.

Article publié le 21 septembre 2026 par Mathilde Janicot, cofondatrice de Revolty.

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